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Rénovation intérieure

Est-ce que les rats grimpent aux murs ? Surfaces, accès et protections

Clément David 7 min de lecture
Est ce que les rats grimpent aux murs : accès et protections sur façade

Oui, les rats peuvent grimper aux murs s’ils y trouvent des prises. Les joints creusés, un crépi rugueux ou un tuyau fixé à la façade peuvent les aider à atteindre une fenêtre, une toiture ou des combles. Une paroi parfaitement lisse est bien plus difficile à escalader directement. Pour protéger un logement, il faut donc examiner le mur et les équipements qui le longent.

Un mur rugueux offre des prises, un mur lisse beaucoup moins

Les rats s’agrippent aux irrégularités avec leurs griffes. Leur queue les aide à garder l’équilibre, notamment sur les supports étroits. Ils ne se collent pas à une paroi : leur progression dépend des points d’appui, de la texture du matériau et de la configuration des lieux.

Schéma expliquant est-ce que les rats grimpent aux murs et les voies d’accès vers les combles
Schéma expliquant est-ce que les rats grimpent aux murs et les voies d’accès vers les combles

Une façade en briques aux joints abîmés ne présente pas les mêmes difficultés qu’une paroi en verre. Toutefois, un revêtement lisse ne suffit pas toujours à empêcher l’accès : un angle, une fixation ou une canalisation voisine peut offrir un autre itinéraire. Il faut donc évaluer l’ensemble du parcours possible, pas seulement la surface du mur.

Surface ou support Possibilité de progression Point à examiner
Briques, pierres, crépi rugueux Escalade possible si les aspérités offrent des prises Joints creusés, fissures, relief du revêtement
Verre, carrelage lisse, métal poli Escalade directe beaucoup plus difficile Bords, raccords et supports voisins
Tuyaux et descentes de gouttières Progression possible selon leur forme et leurs fixations Colliers, espace contre le mur, débouché en toiture
Câbles, cordes et branches Passage possible lorsqu’ils constituent un appui accessible Liaison avec une façade, une fenêtre ou le toit

Le rat noir est particulièrement à l’aise en hauteur

Le rat noir, aussi appelé rat de grenier, est un grimpeur agile qui peut fréquenter les charpentes et les combles. Le rat brun est davantage associé au sol et aux réseaux enterrés, mais il sait lui aussi grimper. Les souris ont également des capacités d’escalade. La présence d’un rongeur à l’étage ne suffit donc pas à identifier l’espèce.

Les étages restent accessibles par une succession d’appuis

Un rat n’a pas nécessairement besoin de gravir toute une façade d’un seul mouvement. Il peut emprunter un arbre, rejoindre un rebord, longer un câble, puis atteindre une ouverture. La continuité du trajet compte davantage que la hauteur seule. Il n’existe pas de seuil universel au-delà duquel un étage serait automatiquement protégé.

Un reportage de France 3 Régions à Marseille rapporte le cas d’une habitante du troisième étage, dans une résidence où des rats auraient été signalés près des fenêtres. Ce témoignage ne fixe pas de limite à la capacité d’escalade, mais rappelle qu’un appartement en hauteur ne doit pas être écarté de l’inspection.

De la façade aux cloisons, les ouvertures font le relais

Les rats recherchent de la nourriture et un abri. Une fois près du toit ou d’une fenêtre, ils peuvent profiter d’une aération mal protégée, d’un défaut sous la couverture ou d’un passage de câbles. Les vides techniques et les ouvertures autour des canalisations peuvent ensuite leur permettre de circuler dans les doublages.

Ils peuvent aussi agrandir un passage dans du plâtre, du placoplâtre ou certains matériaux fragilisés. Cela ne signifie pas qu’ils traversent tous les murs : une maçonnerie saine et une cloison légère endommagée n’offrent pas la même résistance.

Pour repérer un itinéraire, partez du sol et reliez chaque prise à la suivante. Un bac adossé au mur, une fixation de descente, un rebord puis une branche peuvent former un escalier discontinu. Photographier ces éléments aide à repérer le maillon à supprimer, plutôt que de traiter toute la façade sans distinction.

Les indices à croiser avant de conclure à une présence dans les murs

Des grattements dans une cloison peuvent signaler la présence d’un rongeur, mais un bruit isolé ne prouve ni la présence de rats ni une infestation importante. Des souris ou d’autres animaux peuvent produire des sons comparables. La localisation perçue est également trompeuse, car les bruits se propagent dans les matériaux.

Recherchez plusieurs indices concordants, sans démonter les installations ni ouvrir une cloison au hasard :

  • Des bruits répétés : grattements, petits cris ou déplacements, notamment lorsque le logement est calme.
  • Des déjections : dans les combles, derrière les meubles ou près des passages techniques.
  • Des traces de rongement : bords de trous attaqués, emballages abîmés ou matériaux détériorés.
  • Des galeries dans l’isolant : parfois accompagnées de débris ou d’autres signes d’activité.
  • Des traces de frottement : le long d’un chemin régulièrement emprunté.

Notez les lieux et les moments où vous observez ces signes. Des photos prises sans toucher aux déjections peuvent faciliter le diagnostic. Évitez de balayer ou d’aspirer les excréments à sec, pour ne pas disperser de poussières potentiellement contaminées. Éloignez les enfants et les animaux de la zone concernée.

Protéger les accès sans bloquer la ventilation du logement

Le but n’est pas de rendre chaque mur impossible à escalader, mais de rompre les itinéraires et d’empêcher l’entrée. Commencez par inspecter les accès depuis le sol. Faites contrôler les parties hautes si leur examen nécessite une échelle ou une intervention sur la toiture.

  1. Examinez les ouvertures : repérez les brèches, les jonctions de façade, les contours des tuyaux et les passages de câbles.
  2. Protégez les aérations : posez une grille métallique adaptée et solidement fixée, sans réduire la ventilation nécessaire.
  3. Vérifiez les combles : recherchez les défauts aux raccords de toiture et autour des conduits.
  4. Limitez les passerelles : éloignez les objets empilés contre la façade et faites entretenir les branches qui touchent le bâtiment.
  5. Réduisez l’accès à la nourriture : fermez les poubelles, rangez les denrées et ne laissez pas de nourriture pour animaux à portée des rongeurs.

Pour les réparations, choisissez des matériaux résistants au rongement et adaptés au support. La mousse expansive employée seule ne forme pas une barrière durable. Si des rats sont déjà installés, coordonnez l’obturation des passages avec leur élimination afin de ne pas les enfermer dans une cloison.

Une fenêtre accessible peut nécessiter une protection métallique adaptée. Une moustiquaire légère ne doit pas être considérée comme une protection contre les rongeurs. En immeuble, signalez les accès au bailleur ou au syndic : une intervention limitée à un seul appartement peut laisser intact un trajet partagé par plusieurs logements.

Piéger ou faire intervenir un dératiseur selon la situation

Lorsque le passage est identifié et accessible, des pièges mécaniques adaptés aux rats peuvent être placés sur leur trajet, dans des dispositifs qui empêchent les enfants et les animaux domestiques d’y accéder. Respectez les instructions du fabricant et contrôlez régulièrement les pièges. Un dispositif posé au hasard règle rarement le problème d’accès.

Les appâts rodenticides, notamment les pâtes raticides, demandent des précautions strictes. Ne déposez jamais de poison derrière une prise électrique ni librement dans une cloison. Respectez l’étiquette, les conditions d’emploi et les restrictions du produit. Un animal mort dans un vide inaccessible peut aussi provoquer des odeurs difficiles à localiser.

Faites appel à une société de dératisation si les indices se multiplient, si plusieurs logements sont touchés ou si les passages restent introuvables. L’intervention d’un professionnel est également préférable lorsque les rongeurs circulent près de câbles électriques ou dans des zones difficiles d’accès. Demandez un diagnostic des entrées, un traitement sécurisé et un suivi. Éliminer les rats sans corriger leur itinéraire laisse la possibilité à d’autres d’entrer.

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