Édition Île-de-France Hygiène, salubrité et lutte anti-nuisibles
Entreprise de Dératisation Paris Le magazine des professionnels de l'hygiène des locaux
Rénovation intérieure

Rat marron : le reconnaître, le différencier du rat noir et limiter les risques

Clément David 7 min de lecture
Photo rats marron en cave humide

Le terme rat marron désigne généralement le rat brun, aussi appelé surmulot ou rat d’égout. Son nom scientifique est Rattus norvegicus. Ce rongeur, surtout actif la nuit, recherche de l’eau, un abri et une nourriture facilement accessible. Savoir l’identifier aide à réagir sans confusion, que sa présence soit observée dans un jardin, une cave ou une habitation.

Le rat marron, un surmulot adapté aux milieux humains

Le rat brun appartient à la famille des Muridés. Malgré son surnom de rat d’égout, il ne vit pas uniquement dans les canalisations. Les caves, sous-sols, vides sanitaires, locaux à déchets, berges, entrepôts, jardins et exploitations agricoles lui offrent aussi des conditions favorables. Il recherche surtout un endroit protégé, humide ou proche d’un point d’eau.

Testez vos connaissances sur les rats marron

Répondez aux 6 questions, puis validez pour découvrir votre résultat.

Score : 0 / 6
Progression 0 / 6 répondues
0 sur 6

Son adaptation aux milieux humains explique sa présence dans des environnements très variés. Omnivore opportuniste, il consomme des graines, des restes alimentaires, des fruits, des aliments pour animaux et de nombreux déchets. Il ronge également des matériaux qui ne sont pas comestibles, car ses incisives poussent continuellement et doivent s’user. Les câbles, cartons, bois, plastiques, isolants et emballages peuvent ainsi être endommagés.

Un animal nocturne, terrestre et bon nageur

Le rat marron sort principalement au crépuscule et pendant la nuit. Il se déplace souvent à couvert, le long d’un mur, derrière des objets ou sous la végétation. Bon nageur, il fréquente volontiers les égouts, les canaux et les zones humides. Il est généralement moins à l’aise dans les hauteurs que le rat noir. Lorsque les ressources sont disponibles, son rayon d’activité peut atteindre environ 50 m autour de son abri.

Il creuse des terriers composés de galeries et de chambres, souvent à environ 30 à 40 cm de profondeur. Dans un bâtiment, il aménage plutôt un nid avec du papier, du tissu, du carton, de la paille ou des fragments d’isolant. Une observation en pleine journée peut signaler un dérangement du nid ou une présence déjà importante. Elle ne suffit toutefois pas à mesurer l’ampleur d’une infestation.

Reconnaître un rat brun : silhouette, queue et traces

Le rat brun adulte a une silhouette robuste, un pelage gris-brun à brun et un ventre généralement plus clair. Son corps mesure couramment entre 19 et 27 cm, pour une masse de 231 à 475 g selon le MNHN. L’âge, le sexe et les conditions de vie font varier ces données. Il est donc préférable de croiser plusieurs critères plutôt que de se fier à une seule estimation visuelle.

  • Queue : elle est épaisse, annelée et habituellement plus courte que le corps. Elle mesure environ 16 à 20,5 cm.
  • Museau : il est assez large et biseauté, moins fin que celui du rat noir.
  • Oreilles : petites et arrondies, elles mesurent environ 16 à 20 mm. Rabattues vers l’avant, elles ne couvrent pas facilement l’œil.
  • Corps : trapu et puissant, il reste proche du sol. Les pattes sont adaptées aux déplacements terrestres.
  • Déjections : sombres et oblongues, elles peuvent mesurer environ 20 mm. Elles sont souvent dispersées le long des trajets habituels.

La fenêtre d’observation la plus fiable est souvent au sol

Plutôt que d’attendre de voir l’animal, examinez les endroits qui révèlent son passage : jonction entre le mur et le sol, arrière d’un meuble, dessous d’un évier, abords d’un bac à déchets ou pied d’une clôture. Les rats suivent volontiers les lignes de fuite et peuvent laisser des traces grasses sur les surfaces qu’ils frôlent régulièrement.

Cette lecture des circulations est plus utile qu’une inspection générale. Elle aide à repérer un point d’entrée, un trajet et une source d’attraction à supprimer. Des crottes regroupées, des marques de rongement ou une ouverture dans la terre permettent aussi de compléter l’identification.

Rat brun ou rat noir : trois différences à retenir

Le rat noir, Rattus rattus, peut avoir un pelage brun foncé. La couleur ne suffit donc pas pour l’identifier. La comparaison de la queue, de la tête et du lieu de découverte est plus fiable.

Critère Rat brun ou rat marron Rat noir
Corps Robuste, 19 à 27 cm Plus fin, 16 à 23 cm
Queue Plus courte que le corps, 16 à 20,5 cm Souvent plus longue que le corps, 17 à 28 cm
Oreilles Petites, 16 à 20 mm Plus grandes, 20 à 24 mm
Museau Large et biseauté Plus pointu
Habitat privilégié Sol, cave, égout, terrier, zone humide Hauteurs, charpente, grenier, toiture

En pratique, un rongeur trapu aperçu près d’une bouche d’égout, d’un terrier ou d’une cave humide évoque davantage le rat brun. Un individu plus élancé, circulant dans un grenier ou le long d’une charpente, correspond plutôt au rat noir. Ces critères restent des repères. Des photos nettes de l’animal ou de ses traces peuvent faciliter l’avis d’un professionnel.

Détecter une présence et limiter les risques sanitaires

La présence de rats marron se confirme rarement avec un seul indice. Recherchez plutôt plusieurs signaux récurrents, en particulier dans les zones calmes et peu fréquentées. Des bruits de grattement la nuit, des emballages entamés, des trous au pied des murs, des matériaux arrachés pour le nid ou une odeur persistante doivent attirer l’attention.

  • crottes fraîches ou anciennes sur les passages et près des réserves alimentaires ;
  • traces grasses le long des plinthes, des murs ou des conduits ;
  • marques de dents sur des câbles, tuyaux, boîtes ou meubles ;
  • terriers, terre fraîchement déplacée ou ouverture près d’un abri de jardin ;
  • aliments souillés, sacs percés et gamelles d’animaux régulièrement vidées.

Les nuisances ne se limitent pas aux dégâts matériels. Les déjections, l’urine et les aliments contaminés peuvent exposer les occupants à des agents pathogènes. Une morsure, peu fréquente lorsque l’animal n’est pas acculé, doit aussi être prise au sérieux. Évitez de manipuler un rat vivant ou mort à mains nues. Ne consommez pas les aliments ou les emballages présentant des traces de souillure ou de rongement.

Après la découverte de déjections dans une cuisine

Éloignez les enfants et les animaux domestiques de la zone. Jetez les denrées non protégées et placez les autres aliments dans des contenants hermétiques. Ramassez les déjections avec des protections adaptées, sans les balayer à sec ni les disperser, puis nettoyez et désinfectez les surfaces concernées.

Cette intervention réduit la souillure et évite que les traces alimentaires continuent d’attirer les rongeurs. Les objets ou emballages directement touchés doivent être écartés s’ils ne peuvent pas être nettoyés correctement.

Empêcher l’installation et savoir quand faire intervenir un dératiseur

La prévention repose sur trois actions : couper les accès, supprimer les ressources et surveiller les premiers indices. Bouchez les fissures, les passages de canalisations et les jours sous les portes avec des matériaux résistants au rongement. Gardez les poubelles fermées, nettoyez les miettes, ne laissez pas de nourriture pour animaux pendant la nuit et éliminez les eaux stagnantes lorsque cela est possible.

À l’extérieur, rangez le bois, les cartons et les objets posés contre les murs. Ils créent des abris et peuvent masquer les trous. Éloignez aussi les végétaux grimpants et les branches des ouvertures. Une distance d’au moins 60 cm entre les arbres ou les plantes grimpantes et les fenêtres limite les accès indirects aux étages, même si le rat brun fréquente d’abord les niveaux bas.

Les répulsifs olfactifs et les ultrasons peuvent parfois modifier temporairement les déplacements, mais ils ne remplacent pas la suppression de la nourriture, de l’eau et des accès. Les pièges demandent un placement précis sur les trajets identifiés. Les rodenticides exigent une grande prudence pour éviter l’exposition des enfants, des animaux domestiques et de la faune non ciblée.

Une dératisation professionnelle est préférable si les signes persistent, si plusieurs zones sont touchées, si des rats sont observés en journée ou si l’infestation concerne une cuisine, un commerce alimentaire, une copropriété ou un site accueillant du public. Le professionnel peut identifier les voies d’entrée, traiter le foyer et proposer des mesures de prévention adaptées, sans se limiter à éliminer les individus visibles.

Partager cet article

Retour en haut